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Téhéran et les fastes des derniers empires iraniens

Téhéran devient la capitale de l’Iran en 1786, et passe rapidement du statut d’une petite ville de province au centre d’un empire qui se modernise rapidement au début du XIXe siècle. Les deux dernières dynasties d’empereurs iraniens, les Qajar puis les Pahlavi, construisent nombre de palais et résidences, aujourd’hui transformées en musées, qui témoignent d’une époque où la noblesse et ses fastes dominaient la société iranienne.

Le Golestan et les joyaux de la couronne

Suivre les traces de l’ancienne noblesse iranienne à Téhéran commence à proximité du grand bazar, le centre névralgique de la ville. Le Palais du Golestan, en centre-ville, constituait le centre du quartier royal, l’Arg, où étaient situés les centres administratifs de l’empire Qajar. A cette même époque sont construits la mosquée du Shah, à l’intérieur du Grand Bazar, et les palais du Negarestan et de Lalezar, dont seul le premier subsiste encore aujourd’hui.

En restant dans le centre de la ville, et après avoir admiré le trône de marbre au Palais du Golestan, je conseille de faire un détour par les coffres de la Banque Centrale, qui présentent au visiteur les joyaux de la couronne iranienne. Cette collection de bijoux et pierres précieuses a été accumulée par les souverains iraniens du XVIe au XXe siècle. Vous pourrez y admirer notamment le diamant Darya-e Noor (la « mer de lumière ») qui avec ses 186 carats est un des plus gros diamants taillés du monde, ainsi que les couronnes Kiani ou Pahlavi, dont se coiffèrent les souverains des deux dernières dynasties.

Jardin des Palais du Golestan

Le complexe palatial de Sad Abad

Laissez ensuite l’activité du centre-ville pour vous diriger plus haut vers Shemiran, au pied des montagnes. Dans ces quartiers du nord les nobles avaient fait construire leurs résidences et palais d’été pour mieux profiter de la fraîcheur et de la pureté de l’air à l’ombre de leurs arbres. Le complexe palatial de Sad Abad, dans le quartier de Zaferanieh, abrite 17 résidences au sein d’un immense parc arboré. Ces 17 palais, petits ou grands, ont été construits pour abriter la reine mère ou des dignitaires étrangers en visite et ont aujourd’hui été transformés en musées pour la plupart.

Je conseille notamment le musée de Behzad, fameux miniaturiste ; la Maison Blanche, dernière demeure du dernier empereur Pahlavi jusqu’en 1978 ; le palais vert ; ou encore le musée des beaux-arts et le musée de la calligraphie. Pour les amateurs de belles voitures, vous pourrez y découvrir une partie de la collection de voitures du dernier Shah d’Iran, Mohammed Reza Pahlavi.

Les palais de Niavaran

Pour finir cette découverte des fastes des derniers empires iraniens, direction, un peu plus à l’est, le complexe de Niavaran. En chemin, je recommande de faire une petite promenade dans le bazar de Tajrish qui vous replongera dans la vie populaire de ce quartier qui n’était encore qu’un village voici 60 ans. Le complexe de Niavaran compte lui aussi plusieurs pavillons construits au cours des deux derniers siècles, dont le charmant pavillon d’Ahmad Shah, datant de la fin du XIXe siècle, la maison Saheb Qaranie et la moderne maison de Niavaran, datant elle de 1968. Ce complexe est aujourd’hui dédié à la culture, et abrite régulièrement des expositions de peinture ou des concerts de musique classique iranienne dans ses jardins. Vérifiez le programme au moment de votre visite !

Fabien Dany
25 contributions
Mis à jour le 8 avril 2016