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Lüderitz, aux couleurs allemandes

Pour se rendre à Lüderitz, on emprunte la route principale depuis Keetmanshoop qui traverse le sud du Kalahari en direction de l’océan. En approchant, on distingue au nord les dernières avancées du Namib, au sud débute la zone diamantifère. On arrive alors à Lüderitz, qui évoque aujourd’hui une petite ville à l’architecture typiquement allemande blottie dans un environnement de granite sombre, face à l’Atlantique.

Au pied de l’église, des villas aux couleurs vives

Au sud, dominant la ville de son fier clocher, l’église luthérienne de Lüderitz, Felsenkirche, est perchée sur son promontoire granitique. Son architecture suffit à évoquer l’héritage colonial de la Namibie. Non loin de là et encore dans le centre-ville, en contrebas, les demeures cossues aux façades blanches, pastel ou joliment colorées immergent le visiteur dans un monde suranné, comme figé dans une époque coloniale aujourd’hui pourtant révolue.

Admirer les imposantes bâtisses (comme la Woermannhaus, construite en 1906, ou la Goerke Haus, qui date de 1909), flâner dans la Bismarckstrasse, qui mène au port, et dans les ruelles voisines, flanquées de maisons aux façades jaunes, bleues ou rose vif, est particulièrement dépaysant : on croirait arpenter un village allemand assoupi !

Façades colorées de Lüderitz

Le rêve d’un commerçant brêmois

C’est que Lüderitz a été la première colonie allemande de l’actuelle Namibie. En effet, la baie est « découverte » par les Portugais à la fin du XVe siècle, et baptisée Angra Pequena, mais aucune puissance coloniale ne décide de s’y installer, du fait de son accès difficile depuis la mer, et de l’aridité des terres. C’est pourquoi, lorsque le marchand originaire de Brême Adolf Lüderitz y accoste, en 1883, il parvient aisément à acheter au chef local la concession des terres, et obtient du chancelier Bismarck la protection du Reich.

Un petit port de pêche se développe alors, baptisé du nom de son fondateur. Ensuite, Lüderitz permet d'étendre progressivement la colonie allemande du Sud-Ouest africain, qui vit de la pêche et de l’élevage de moutons. La découverte de diamants dans la région explique la prospérité soudaine de Lüderitz, mais aussi de la ville voisine de Kolmanskop, aujourd’hui fantôme. Mais les réserves s’épuisent et de plus importants gisements sont découverts plus au sud. Depuis lors, Lüderitz somnole, attendant seulement votre visite…

Marie TSOUNGUI
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Mis à jour le 23 février 2016