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Le quartier Poto-Poto, aux couleurs des peintres

Quartier le plus ancien de Brazzaville (et mon préféré), Poto-Poto est aujourd’hui encore un quartier central, qui jouxte le Plateau (au sud) et la Plaine (au sud-est). Et lorsque la ville a continué à attirer de nouveaux habitants et à s’étendre, les quartiers de Moungali (au nord de Poto-Poto) et Ouenzé (au nord-est) se sont développés.

Un quartier ancien, au nord de la basilique Sainte-Anne

C’est par la basilique Sainte-Anne qu’il faut débuter votre découverte de Poto-Poto : sur le côté gauche de l’avenue de la Paix en venant de la gare ferroviaire s’élève la silhouette élégante de cette église, construite dans un style qui mêle architecture européenne de l’époque (les années 1940) et pratiques locales (fers de lance caractéristiques du nord du Congo, tunnels en bambous du Mayombe, cases-obus en terre du Tchad…). Avant de poursuivre votre promenade, jetez un coup d’œil aux jolies tuiles vertes : elles seraient 200 000 au total. Si vous voulez en vérifier le nombre…

Détail d'un pagne...

En poursuivant sur l’avenue de la Paix, on longe une multitude de commerces plus animés les uns que les autres, où l’on peut faire quelques emplettes et pourquoi pas choisir un pagne (un tissu traditionnel aux motifs colorés), et le confier à l’un des couturiers du quartier pour se faire coudre pour une modique somme une jolie tenue selon le modèle de son choix. L’un des intérêts du quartier Poto-Poto, c’est qu’il est particulièrement vivant, né d’un brassage de populations congolaises et africaines d’origines et d’ethnies diverses.

Jean Iloki et Eugène Malonga pour initiateurs…

En arrivant au rond-point de Moungali, demandez aux passants de vous indiquer l’école de peinture de Poto-Poto : il s’agit d’une grande case couverte d’un toit en tôle installée sur un terrain arboré. Ce lieu a été fondé en 1951 par un Français, Pierre Lods, pour y rassembler les talents : Eugène Malonga, Jean Balou, Nicolas Ondongo, puis Jean Iloki, Félix Ossali, Marcel Gotène…

Ces artistes-peintres, installés à Poto-Poto ou gravitant autour de l’École, ont développé leur art et rencontré pour certains une renommée internationale, à tel point qu’on parle d’un style de peinture de Poto-Poto, notamment celui des « Mikés » ou « Mikeys »… Et cette École, dont l’existence reposait à la fois sur la pratique artistique de peintres de talent et sur la transmission de leur savoir à la jeune génération, s’est perpétuée, si bien que vous pourrez sans doute observer l’un d’entre eux au travail. Une autre occasion de rapporter de chaudes couleurs congolaises dans vos valises

Marie TSOUNGUI
219 contributions
Mis à jour le 1 octobre 2015