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La descente du fleuve Manambolo

Après avoir visité certaines parties de l'île de Madagascar de manière « classique », je décide pour mon prochain séjour de découvrir l’Ouest du pays de façon plusoriginale. Attablé dans une gargote de la capitale, je discute avec des amis malgaches et leur demande conseil pour mon voyage aventure. Ce sera donc la descente du fleuve Manambolo !

En quête d’aventure

Biologistes, mes amis malgaches ont l’habitude d’utiliser les fleuves pour parcourir des pans inaccessibles du pays lors de leurs missions scientifiques. Ils me mettent donc sur la piste d’un fleuve encore peu fréquenté, qui sillonne la partie ouest de l’île et se jette dans le canal du Mozambique : le fleuve Manambolo.

Après avoir pris contact avec un des rares guides proposant l’expédition, rendez-vous est pris pour le départ, première étape : Antananarivo – Tsiroanomandidy.

Début du parcours

A l’arrière d’un taxi-brousse, la première journée se déroule sur la route pour rejoindre la ville étape de Tsiroanomandidy. Les belles montagnes de l’Imerina laissent peu à peu place à des vallons moins escarpés, plus secs. L’ouest se profile.

Le lendemain, nous faisons les provisions au marché de la ville avant de reprendre un taxi-brousse pour quelques heures de piste cabossée jusqu’au village de Belobaka. Repas copieux et début de la marche.

L’accès à la ville d’Ankavandra d’où se fait le départ de la descente du fleuve se mérite. En effet, depuis la capitale, il faut compter environ un jour de trajet en véhicule et 3 jours de randonnée. Il est possible de se rendre à Ankavandra directement en avion, cela dit, je vous conseille la route par la terre car celle-ci traverse des paysages magnifiques qu’il serait dommage de rater !

Une superbe randonnée pour découvrir l’ouest

On entame donc la randonnée à travers les hauteurs de l’ouest. La marche n’est pas très difficile et ne demande pas un haut niveau physique mais le rythme est soutenu, je la conseille donc plutôt aux amateurs de trekking. Le tableau est splendide. Le relief est doux et sitôt que l’on arrive au sommet d’un coteau, une mer de collines apparait jusqu’à l’horizon où le soleil se couche.

Le soir, on bivouaque sur les berges des rivières qui traversent le décor, évoluant dans les contrebas des monts sculptés par les lavakas, ces « trous » creusés dans les collines. Caractéristique des paysages de Madagascar, ce mot est devenu le terme international pour désigner un effondrement du sol dû à l’érosion.

Après 3 jours de marche à travers ce somptueux décor de vallons pelés par le soleil et les pâturages, le village d’Ankavandra se profile derrière la longue pente qui permet de quitter le plateau pour atteindre les rives du fleuve.

Rencontre avec le Manambolo

Le lendemain, on entame la descente du fleuve surde longues pirogues qui semblent pourtant pouvoir chavirer à tout moment. Pas d’inquiétude, même bien chargées celles-ci sont stables et ne se renversent pas. Durant 3 jours, on navigue tranquillement sur l’eau au rythme du courant, s’arrêtant sur les berges pour les repas. Les poissons pêchés dans le fleuve viennent accompagner les provisions faites à Ankavandra. Le soir, les pirogues accostent sur les plages de sable blanc bordant le cours d’eau et on passe la nuit dans les tentes disposées autour du feu.

Des plaines herbeuses où le fleuve est large, le paysage change silencieusement et des falaises commencent à apparaître. On entre alors dans le massif de Bemaraha.

Arrivée dans le plateau de Bemaraha @Hoffmann Simon

Un fleuve qui réserve des surprises

Les pirogues évoluent maintenant sur un fleuve plus étroit, bordé d’immenses parois contre lesquelles résonnent les cris des oiseaux. Quand la végétation a réussi à s’installer contre la roche, on peut alors apercevoir des familles de lémuriens sauter de branches en branches.

En prenant une bifurcation, on arrive sur une partie du fleuve où l’eau turquoise laisse apparaître le fond. Si l’on continue la navigation, on découvre un ensemble de piscines naturelles, entourées de grands arbres qui poussent sur les parois. L’eau est fraîche mais il est difficile de résister à un plongeon dans un tel paradis, conclusion idéale d'un séjour de rêve !

Simon Hoffmann
239 contributions
Mis à jour le 4 mars 2016