Où partir ?
  • Avec qui partir ?
  • Quelle activité ?
  • Quelle période ?
  • Quel style de voyage ?

Tavy et déforestation à Madagascar

Incontournables lors d'un voyage sur la Grande Ile, les forêts de Madagascar sont d’une incroyable richesse. Séparées du continent africain depuis 140 millions d’années et de l’Inde depuis 80 millions d’années, les espèces qui peuplent l’île ont lentement évolué à l’écart de leurs voisines continentales et se sont peu à peu différenciées. Le taux d’endémisme qui résulte de cet isolement avoisine les 85%, rendant la plupart des espèces animales et végétales uniques au monde.

Cependant, une grande majorité de ces espèces vit dans des milieux forestiers aujourd’hui menacés. Si, actuellement, 20% de la superficie de Madagascar est recouverte par des forêts, celles-ci reculent chaque année de 200 000 hectares environ. Certains scientifiques estiment ainsi que les 4/5e de la forêt qui occupait autrefois l’île ont disparu. Les immenses plaines désertiques de certaines parties du pays interpelleront votre regard et interrogent sur l’avenir de ces forêts.

Le tavy, pratique traditionnelle de l’agriculture

Responsables en partie de cette déforestation, certaines pratiques agricoles traditionnelles sont aujourd’hui montrées du doigt. Une partie importante des ethnies qui peuplent Madagascar est composée d’agriculteurs et de pasteurs nomades qui migrent à l’intérieur des différentes parties du pays. Afin de cultiver les terres sur lesquelles elles arrivent, ces ethnies pratiquent le tavy ou hatsake .

Ces techniques de cultures d’abattis-brûlis nécessitent un défrichage de la forêt afin d’y mettre le feu, les cendres participant ainsi à la fertilisation du sol. Après quelques cycles de cultures, la terre s’appauvrit et oblige les familles à défricher de nouvelles parcelles et ainsi de suite…

Parcelles défrichées @Hoffmann Simon

Un trafic de bois précieux dévastateur

Le tavy n’est cependant pas la seule cause de la déforestation massive de Madagascar. Menée sous le regard complaisant de politiciens corrompus, l’exploitation sauvage de bois précieux représente une grande menace pour les forêts malgaches.

Riches en essences précieuses telles que le bois de rose ou le palissandre, les massifs forestiers de l’île sont la cible de trafics à destination du monde entier. Des pans entiers de forêts sont détruits pour permettre l’acheminement de quelques arbres coupés illégalement et qui serviront à la confection de meubles. Évitez donc les achats en bois précieux sauf lorsqu’un certificat prouve que l’exploitation a été faite correctement et ce dans n’importe quel pays, ces essences étant la plupart du temps destinées à l’export.

Des initiatives qui voient le jour

Afin de limiter la disparition des forêts, de nombreuses initiatives apparaissent, notamment la création d’ aires protégées et de parcs nationaux dans lesquels l’écotourisme participe au développement des villages. Par la création d’emplois et le reversement d’une partie des recettes des entrées dans les parcs, cette forme de tourisme crée des alternatives économiques au tavy pour la population locale.

De nombreuses institutions et associations travaillent également en collaboration avec les habitants afin de les sensibiliser à la protection de l’environnement et trouver ensembles des solutions pour l’agriculture : augmentation des rendements, cultures différentes…

Un grand nombre de voix s’élèvent aujourd’hui contre le trafic de bois précieux à Madagascar. Si certaines cargaisons sont parfois interceptées, la majorité réussit malheureusement à s’évaporer…

Simon Hoffmann
239 contributions
Mis à jour le 25 novembre 2015