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Pic d'Adam : trek sur la montagne sacrée du Sri Lanka

Situé dans les montagnes du centre du Sri Lanka, le pic d’Adam culmine à 2243 m de haut et attire chaque année de nombreux pèlerins et randonneurs. L’ascension de l’Adam’s peak est une véritable plongée au sein de la culture cinghalaise : un moyen unique et inoubliable de découvrir un peu plus ce pays et sa culture. Retrouvez dans cet article mon récit de l'ascension ainsi que toutes les infos pratiques si vous désirez vous aussi découvrir ce lieu mythique à la force des jambes.

Dès notre arrivée dans la région d’Hatton, on entend parler que de lui. Telle une bête mystique, il tarde à se faire découvrir. Puis, au détour d’un virage, il sort de sa tanière et se laisse entrevoir : "Adam’s peak !" nous crie Boukran notre chauffeur de tuk-tuk. Il montre du doigt une montagne qui disparaît aussi vite qu’elle est apparue, derrière les feuillages des hauts plateaux.

Dalhousie, point de départ du pic d’Adam

Après avoir traversé des paysages majestueux par le vieux train qui traverse le Sri Lanka, nous faisons route aujourd’hui vers Dalhousie, ville de départ pour l’ascension du pic d’Adam. Cette montagne est un lieu de pèlerinage parmi les plus sacrés du pays. Au Sri Lanka, tout croyant fait au moins une fois cette ascension dans sa vie. L’origine de cette popularité ? Bouddha y aurait laissé l’empreinte de son pied au sommet, juste avant de partir pour l’au-delà. Les Cinghalais appellent d’ailleurs ce pic "Sri Pada" (empreinte sacrée). Les chrétiens et les musulmans voient à travers cette empreinte une trace d’Adam, qui serait resté debout sur une seule jambe, jusqu’à se repentir de ses péchés ; d’où le nom de pic d’Adam.  

Nous changeons de vallée au rythme lent du tuk-tuk. Les paysages de plantations de thé et de lacs, rythmés par des scènes de la vie rurale cadencent notre avancée. Petit à petit, le pic d’Adam se laisse apprivoiser. Sa forme est surprenante, différente de nos montagnes européennes.

Sur la route du Pic d'Adam au Sri Lanka

Sa base est imposante et massive contrastant avec sa partie supérieure en forme de cône, plus fine. Cette dernière semble ajoutée, telle la dernière pièce d’un puzzle en trois dimensions.  On peine à imaginer une ascension jusqu’à l’extrémité, mais c’est bien le cas : "Je l’ai faite une fois, se rappelle Boukran, c’était tellement dur, je ne le referai plus !" ajoute-t-il en rigolant. Deux heures de trajet passent, pendant lesquelles notre chauffeur se convertit en professeur de langue cinghalaise, et nous voici arrivés à Dalhousie.  

Une ascension nocturne de 5500 marches

1h du matin. Le réveil sonne. La dernière phrase de Boukran résonne dans nos têtes, comme pour se persuader de rester au lit. Mais le lever de soleil n’attend pas. Particularité de cette ascension ? Elle se fait de nuit, permettant d’atteindre le sommet aux aurores, et également pour des raisons climatiques : la chaleur de la journée rendrait la randonnée trop difficile.

Buddha sur la route du pic d'Adam

Lampe frontale bien en place, sac à dos sur les épaules, nous voici partis.  Nous quittons rapidement la route pour des chemins de terre, jusqu’à arriver sous l’arche Makara Torana, le passage sacré vers la montagne. À travers la nuit, on ne distingue rien à plus de dix mètres et l’expérience est unique. Les bruits d’oiseaux, de feuillages et de cours d’eau accompagnent notre avancée. En levant les yeux, nous distinguons des petits points lumineux, émis par les lampes des randonneurs en amont.

Certains passages sont éclairés, plusieurs échoppes sont installées à l’approche des temples qui jalonnent la montée. Elles proposent des thés, cafés et de la nourriture. Puis les premières marches se présentent à nous. Les premières d’une longue série : 5500 sont à gravir pour arriver en haut.

Un spectacle inoubliable au sommet

Au fur et à mesure de l’avancée, et à l’approche du sommet, des chants, musiques et autres bruits de cloches se font entendre. La peur de manquer le début du spectacle nous donne un regain d’énergie, faisant rapidement oublier la raideur des marches : la fin de la montée est plus sportive, avec de belles enjambées à produire. Si des mains courantes aident à franchir cette dernière étape, l’effervescence environnante est la meilleure source d’adrénaline.

Les marches du Pic d'Adam

En haut, la récompense est au rendez-vous. Le soleil apparaît, et le rideau d’une scène de spectacle semble alors se lever. Les projecteurs s’allument, nous laissant découvrir les incroyables paysages que nous venons de traverser.

Du haut de l’un des points culminants du Sri Lanka, le panorama accidenté de la région s’illumine. Un pêle-mêle de couleurs allant de l’orange du soleil au vert de la végétation, en passant par le bleu du ciel nous éclate à la figure. Plantations de thé, réservoirs et plaines sont les décors de cette scène finale à couper le souffle. Des familles cinghalaises, en personnages principaux, s’activent à faire sonner une cloche, autant de fois qu’ils ont fait le pèlerinage.

Sur l’autre versant, le pic d’Adam projette son ombre sur les contrées boisées des Horton Plains. Un triangle parfait apparaît alors en contrebas et dans le ciel (représentant les trois joyaux du bouddhisme selon ses fidèles) pour grandir jusqu’à disparaître une fois le soleil complètement levé.

Vue de l'Adam's peak

Nous entamons la descente avant qu’il ne fasse trop chaud. En nous enfonçant dans les coulisses du spectacle que nous venons d’apprécier, nous croisons des pèlerins tout sourire, fiers de toucher à leur but. Nous ressentons également beaucoup de fierté et de reconnaissance pour ce qu’ils viennent de nous offrir. Aujourd’hui, nous avons l’impression de faire partie de leur pèlerinage et d’avoir la chance de pénétrer un peu plus dans leur culture. La nature tient une place importante dans leur vie, et cette dernière leur rend pleinement. Nous redescendons de notre petit nuage, en découvrant avec les yeux ce que les autres sens n’ont pu nous dévoiler. Vivement la prochaine scène.

Le saviez-vous ?

Marco Polo parlait déjà du pic d’Adam et de l’empreinte de Boudha, dans ses écrits datant du XIIème siècle !  Il l’a découvert lors de son voyage vers la Chine en 1292.

Le pic d'Adam

Informations pratiques

Quel matériel prendre pour l'ascension ? 

Là-haut, il fait froid ! 15 à 20° de moins que sur la côte. Emmenez de quoi vous couvrir et également de quoi manger et boire. Levé à 1h du matin, votre estomac saura se rappeler à votre bon souvenir…

Où dormir avant l'ascension ? 

Dalhousie est le point de départ habituel de la randonnée. Si vous y dormez, inutile de prévoir une journée de visite de la ville. Cette bourgade est le point de départ de la randonnée, et est composée principalement de Guest House, boutiques de souvenirs, et autres épiceries. Il n’y a pas de banque, soyez prévoyant !

Faut-il avoir un guide ?

Il n’y a pas besoin de guide pour faire cette ascension, le trajet est balisé et partiellement éclairé. Vous ne serez pas seuls, impossible de vous perdre ! Mais si vous souhaitez être accompagnés, la plupart des hôtels de la ville sauront vous proposer un guide. Certains randonneurs se font accompagner pour les premiers kilomètres, avant d’entamer la montée.

Simon Mutschler
Mis à jour le 4 juillet 2019