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Les stigmates de la guerre à Dubrovnik

Au cours d’un voyage en Dalmatie, difficile de ne pas s’étonner des immenses travaux de reconstruction pour rendre à Dubrovnik, bombardée pendant la « dernière » guerre, ses splendeurs passées.

Dubrovnik, bombardée en 1991

A la mort de Tito, les conflits en ex-Yougoslavie ont concerné tous les pays des Balkans. Si la jeune génération du Monténégro et de Serbie vient vous parler spontanément de la guerre, si le tourisme en Bosnie – où la guerre civile fut la plus meurtrière - est essentiellement centré sur le devoir de mémoire, en Croatie, on fait mine d’oublier… et de profiter du soleil. Sans dire que le sujet est tabou, on ne vous parlera sûrement pas spontanément des guerres d’ex-Yougoslavie qui ont tué de nombreux civils et provoqué l’exode d’une partie de la population.

Après l’indépendance du pays, la minorité serbe présente en Croatie (12 %) et les forces yougoslaves s’élèvent contre la jeune République croate. La Croatie est attaquée par l’armée yougoslave et les forces serbes et monténégrines qui disent vouloir "protéger" leur minorité mais cherchent aussi à gagner un accès à la mer.  Il faut aller dans les villes de Dalmatie comme Dubrovnik, bombardée en 1991, pour mieux comprendre. Après la déclaration d’indépendance, Dubrovnik est séparée par le couloir de Neum du reste de la Croatie et ses voisins font encore partie de la Yougoslavie.

La ville aux remparts a été encerclée durant 8 mois et détruite en partie. Difficile à croire lorsque l’on se balade dans les ruelles de la vieille ville. Lors d’une visite guidée, vous apprendrez par exemple que la colonne de Roland, située sur la place Luza, a fait office de point de ralliement pour les habitants de Dubrovnik durant le siège. Vous verrez des trous d’obus non bouchés dans les murs des vieux palais, des bâtiments historiques ou des remparts. Vous entendrez sûrement parler du poète serbe Milan Milisic, une victime des bombardements. Le cessez-le-feu est signé en 1992.

La colonne de Roland à Dubrovnik

Exposition photo à la « galerie de la guerre »

Comme à Sarajevo, une galerie du centre-ville de Dubrovnik montre la guerre en ex-Yougoslavie, d’une façon particulièrement pédagogique. Baptisée War Photo Limited, cet établissement consacré au photojournalisme et à la photo de guerre propose tout au long de l’année de superbes expositions sur les conflits contemporains à l’étage.

Au rez-de-chaussée, une exposition permanente permet de voir d’émouvantes photos d’époque des guerres d’ex-Yougoslavie dans les années 1990. La Croatie se pose de manière générale en victime, et on se rend compte, si on fait le tour des Balkans, que chaque pays refait son histoire selon ses blessures. Preuve que la plaie n’est pas encore du tout pansée...

Julie Olagnol
173 contributions
Mis à jour le 22 février 2016