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Vukovar, histoire et mémoire

La ville de Vukovar a été, comme le reste de la Slavonie orientale, restituée à la Croatie en 1998. Depuis cette date, elle retrouve lentement sa population et son visage passé, conservant toutefois les stigmates des conflits.

Lieu d’histoire, lieu de mémoire croate

Depuis 1998, les années sont passées, consacrées à la reconstruction. C’est pourquoi en arrivant à Vukovar, on peut voir de nombreux bâtiments modernes, qui se tournent résolument vers l’avenir. Les rues du centre, notamment, flanquées de jolies maisons à arcades, sont l’occasion d’une promenade agréable. Mais on voit encore ça et là les traces des conflits : si la plupart des bâtiments en ruine ont été déblayés, certaines façades sont toujours criblées de balles.

Détail d'une façade baroque endommagée, Vukovar

Heureusement, la rénovation avance à grand pas, tandis que différents édifices et expositions sont chargés de conserver la mémoire du conflit : ainsi, le beau musée national, installé dans le château d’Eltz du XVIIIe siècle, de style baroque, est réouvert au public et présente des expositions temporaires ; et l’hôpital de Vukovar a été aménagé en musée multimédia, qui reconstitue à l’aide de vidéos, d’interviews sonores et autres archives le siège de la ville.

Une région marquée par les conflits

Si vous arrivez à Vukovar par la route depuis Ilok, vous pourrez voir le château d’eau qui, en témoignage de la résistance des habitants aux assiégeants, a été conservé en l’état et ne devrait pas être restauré. De la même façon, on découvre autour de la ville les cicatrices causées par les affrontements, qui firent près de 2000 victimes et provoquèrent l’exil de plus de 20 000 personnes : à 3 kilomètres de Vukovar sur la route d’Ilok, le cimetière est un mémorial de guerre impressionnant, planté de 1000 croix blanches ; un peu plus loin, le mémorial d’Ovcara rend hommage aux victimes de l’hôpital de Vukovar, exécutées après avoir été torturées.

Heureusement, si les cicatrices sont encore bien visibles, la ville reprend peu à peu goût à la vie. Le port fluvial, sur le Danube, accueille de nouveau les bateaux. Des habitants exilés sont revenus. La ville bénéficie de subsides européens destinés à contribuer à la réconciliation serbo-croate et à la reconstruction. Comme moi, vous apprécierez certainement de voir que les traces du conflit s’effacent lentement…

Marie TSOUNGUI
219 contributions
Mis à jour le 22 février 2016