Voyager sur la route F35 en Islande ressemble à une expédition. On découvre tout au long de cette piste intérieure (aussi appelée "Kjölur") ce que l'île a de plus brut, des décors lunaires aux glaciers Langjökull et Hofsjökull. Le vent fouette, la terre ocre s'élève sous les pneus, et chaque paysage rapproche un peu plus de l'essentiel.
Vous rêvez d'une traversée mythique du sud au nord (ou l'inverse) de l'Islande ? Suivez nos conseils pour sortir des sentiers battus lors d'un voyage en Islande et explorer les Hautes Terres islandaises à travers un périple sur la route F35.

La F35 en un coup d'oeil
- La route F35 est une piste de montagne intérieure de 200 kilomètres qui relie Gullfoss à Blönduós au cœur des Hautes Terres d'Islande.
- Elle est accessible l’été uniquement, entre les mois de juin et septembre. Sa traversée de la piste ne s’improvise pas et nécessite une vraie préparation en amont.
- Sur la F35, les services sont réduits au strict minimum : on n'y trouve ni station-service, ni village et la couverture mobile reste très limitée. Seul Kerlingarfjöll fait exception, avec la possibilité de séjourner et de se restaurer sur place.
- La route F35 traverse des décors spectaculaires entre les glaciers Langjökull et Hofsjökull.
La F35, une route mythique du cœur de l’Islande
Traverser la route F35, c’est entrer dans un couloir sauvage qui relie le sud au nord de l’Islande, comme le faisaient déjà les Vikings il y a plus de 1000 ans. La F35 fait partie des F-roads (Fjallvegur), ces pistes de montagne où l’asphalte disparaît au profit d'une terre claire et de routes rocailleuses, dans un environnement totalement isolé.
Une piste mythique de 200 kilomètres, sans village, sans habitation, ni station-service. Ici, les lieux sont habités par le vent, les collines et les lacs. On y découvre le dépaysement au beau milieu des hauts plateaux, dans un décor minéral unique.
Très vite, le paysage devient lunaire, la végétation se fait plus discrète, et l’on perçoit ce silence si particulier des plateaux islandais. À mesure que l’on avance sur la piste F35, la sensation d’isolement s’intensifie. Sur cette route presque sacrée des Hautes Terres, on se sait au loin et au cœur de tout, les deux à la fois.
Cette traversée a quelque chose d’initiatique. On roule au beau milieu du cœur battant de l’Islande, sur une piste hors des sentiers battus que peu de voyageurs prennent le temps d’explorer.
Quelle est la période d'ouverture de la route F35 ?
La F35 n’ouvre que l’été, lorsque la neige a enfin libéré les Hautes Terres. En général, la piste devient praticable entre fin juin et début septembre, mais ces dates varient chaque année selon la météo, la fonte des neiges et l’état du sol.
Avant son ouverture officielle, la route demeure totalement impraticable, elle est enneigée, détrempée ou fragilisée. C’est pourquoi il est indispensable de vérifier systématiquement les conditions quelques jours avant le départ, sur le site des autorités locales ou auprès de son agent local.
Les agences locales suivent l'évolution de la piste au quotidien et elles sont capables d'ajuster l’itinéraire en dernière minute, si toutefois la F35 était inaccessible. Les avoir à ses côtés, c'est un précieux repère pour voyager en toute sérénité au cœur des terres islandaises.
Les étapes et paysages incontournables de la F35
Pour vivre une expérience inoubliable sur la F35, deux conditions doivent être réunies : partir en été, pour que la voie d’accès principale soit accessible, et ne pas avoir peur de l’imprévu. Dans ce tableau désertique et rocailleux, la solitude s’élève en majesté et diffuse une atmosphère extraordinaire.
Sur cette route, le trafic est rare et les villages sont mirages, alors, mieux vaut partir bien préparé et en ayant à l'esprit les étapes incontournables qui jalonnent la F35.
Gullfoss, la porte d’entrée de la F35
La piste F35 commence au sud de l'Islande, à proximité de l’une des chutes d'eau les plus emblématiques du Cercle d’Or : la cascade Gullfoss. Il suffit de parcourir seulement quelques kilomètres avant de croiser le panneau "F35", qui annonce l'entrée sur le territoire des Hautes Terres d'Islande, dans le centre du pays. À partir de cet instant, la route se resserre, et l’horizon s’élargit.
Le plateau central des Hautes Terres, étape clé de la F35
Une odeur minérale typique des Hautes Terres plane dans l'air, entre la poussière, la roche et le vent sec. On traverse d’abord une zone ouverte, presque plate, où les nuances de brun, de gris clair et de sable givré s’entremêlent. La végétation se fait de plus en plus rare et devient presque inexistante par endroits. Nul doute que l'on est bien au cœur de l'Islande, loin du monde et des sentiers fréquentés.
©
Kerlingarfjöll, l'étape des montagnes
Plus loin, un détour mène vers le massif rhyolitique de Kerlingarfjöll, connu pour ses couleurs ocre, safran et rouille, qui créent un tableau particulièrement flamboyant. Ici, la vapeur s’élève de toutes parts, et les rivières chaudes serpentent entre les collines. Kerlingarfjöll, c’est un paradis pour les yeux et un Éden pour les amateurs de trek. Sous chacun de ses pas, on découvre un paysage mystique où se mêlent les crêtes aériennes, les collines ondulées et les vallées fumantes.
©
Hveravellir, l'arrêt géothermique
Quand on roule sur la F35, l'oasis géothermique Hveravellir apparait soudain comme parenthèse au milieu d'un champ de lave. À une heure au nord des montagnes de Kerlingarfjöll, on y admire les fumerolles, les marmites de boue et une source chaude naturelle turquoise. Ni une ni deux, on savoure la baignade face aux Hautes Terres, dans un bassin à 38 °C.
Autour, quelques refuges ouvrent sur des sentiers qui traversent le champ de lave de Kjalhraun. Une halte précieuse pour se ressourcer, explorer les environs et sentir battre le cœur géothermique de l’Islande.
©
Blönduós, la sortie nord
Au fil des kilomètres, les reliefs de la route F35 s'estompent, et la végétation reprend peu à peu sa place dans les paysages. Les premières maisons isolées du petit village pittoresque de Blönduós signalent la fin de la piste mythique.
Dès lors, on retrouve les routes asphaltées, les maisons colorées, les rivières à saumon où se réunissent les pêcheurs du coin et les moutons qui traversent la route en liberté. Comme un retour à la civilisation et à la douceur du ciel islandais.
©
La F35, une piste exigeante entre météo, isolement et autonomie
On ne s’engage pas à la légère sur les routes rocailleuses et non goudronnées de la F35. Avant de traverser la région des Hautes Terres, il importe donc de préparer soigneusement son excursion.
- On se prépare à une météo changeante : même en plein été, le ciel peut se couvrir en quelques minutes, le vent se lever brusquement et la pluie transformer la piste en une surface ultra-glissante.
- On prévoit des tenues chaudes : on s'équipe de chaussures de randonnée et on garde toujours à portée de main un imperméable, une polaire et des vêtements de rechange... au cas-où le temps déciderait de virer soudainement.
- On anticipe le manque total de réseau : sur la F35, il n’est pas rare de passer plusieurs heures sans aucun signal. Prévoir et prévenir des personnes de confiance de son itinéraire devient un véritable réflexe de sécurité avant de s'embarquer dans la traversée de la F35.
- On part avec un réservoir rempli : car aucune station-service n’existe le long de la route. Les dernières occasions de faire le plein se trouvent avant Gullfoss et Blönduós, au sud et au nord la F35.
- On voyage en autonomie complète : eau, provisions, batterie externe, GPS hors ligne et équipements essentiels permettent de faire face à l’imprévu. Dans les Hautes Terres, ce genre de détails compte.
- On accepte la lenteur : sur une piste aussi sauvage, la prudence prévaut sur la vitesse. Entre les cailloux, les nids de poule et le vent, on dépasse rarement les 40 km/h. On en profite pour contempler.
- On reste humble face à la nature : les agents locaux suivent les évolutions de la météo et les conditions de la piste au quotidien. Leur expertise du terrain reste la meilleure garantie pour un itinéraire l'esprit tranquille.
©
Les questions des voyageurs sur la F35 d'Islande
Y a-t-il des stations essence sur la route F35 ?
Non, il n'y a aucune station essence sur la route F35. Cette piste de 200 kilomètres traverse les Hautes Terres sans aucun service. Il est indispensable de faire le plein avant de s'engager sur la F35 : dernières stations disponibles près de Gullfoss au sud et à Blönduós au nord.
Partir avec un réservoir plein et prévoir de l'essence de secours est essentiel pour cette traversée en autonomie complète.
©
Y a-t-il du réseau téléphonique sur la piste F35 en Islande ?
La couverture réseau téléphonique est très limitée sur la F35. Cette piste traverse les Hautes Terres où le signal est rare et aléatoire. On peut parfois capter un réseau sporadique avec les opérateurs locaux (Síminn, Vodafone, Nova), mais il faut s'attendre à passer plusieurs heures sans aucun signal.
Prévoir son itinéraire et informer des proches de sa route devient donc un réflexe sécurité indispensable avant cette traversée isolée.
Faut-il privilégier un 4x4 tout-terrain pour parcourir la route F35 ?
Oui, un véhicule tout-terrain de type 4x4 est fortement recommandé pour sillonner la F35. Cette piste a la réputation d'être caillouteuse, avec des nids de poule et des portions parfois instables selon la météo. Un 4x4 offre plus de confort et de sécurité, dans cette région du centre de l'Islande où l’on roule loin de tout et sans assistance à proximité.
Comment vérifier l’état de la route F35 ?
Avant de s’engager sur la F35, on vérifie l’état des routes sur le site national road.is. Les intempéries, la fonte des neiges ou la formation de crevasses peuvent modifier la praticabilité de la piste. Ce site indique en temps réel son ouverture, les conditions d’accès et les éventuelles restrictions. Les agents locaux suivent ces mises à jour au quotidien et savent ajuster l’itinéraire en conséquence.
Camping sur la F35 : où dormir et comment s'organiser ?
Pour séjourner en camping, on peut dormir à Kerlingarfjöll ou à Hveravellir, les principaux sites de camping de la F35. On y trouve un refuge, quelques installations simples et une source chaude naturelle. Le reste de la route est totalement isolé : on se prépare donc à voyager en autonomie complète et à des nuits fraîches, même en plein été.
Peut-on faire un trek sur la F35 ?
Oui, on peut randonner lors d'un voyage sur la F35. Les plus beaux treks se trouvent près de Kerlingarfjöll et de Hveravellir. Les sentiers ne sont pas toujours balisés et les conditions météo changent vite, d’où l’intérêt de se faire accompagner par un guide local qui connaît les itinéraires adaptés à chaque niveau et les zones les plus sûres des Hautes Terres.
©
La F35 est-elle considérée comme une route dangereuse ?
Non, la F35 n’est pas considérée comme une route dangereuse, mais elle reste exigeante. On peut y crever un pneu, s’embourber après la pluie ou rencontrer un imprévu sur la piste. En roulant tranquillement, avec un véhicule adapté et un bon sens de l’anticipation, la traversée se fait sereinement, au milieu des glaciers et du silence des Hautes Terres.
Sillonner la F35, c’est accepter de quitter les sentiers battus pour se plonger dans une expérience brute, silencieuse et profondément solitaire. En quelques minutes, le vent change de direction, la lumière se transforme, et l’aventure prend une dimension inoubliable.
Avec l’accompagnement d’une agence locale, on parcourt la piste au bon rythme, en sécurité, et en phase avec les conditions du moment.
Optez pour une manière de voyager plus responsable, et découvrez les Hautes Terres sous leur plus beau jour à travers une épopée sur la F35, au cœur d'un territoire préservé, puissant et intensément pur.
©










































































